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LA RÉFLEXION DE MÉDUSE
Soigner la psychose par le corps

Jack W. Painter, Ph. D., Valérie Joubert

Questo testo e' il sunto di una conferenza di Jack Painter tenutasi nel 2000 presso l'Ospedale di Caserta, nel corso di un convegno sul trattamento della psicosi organizzato dal primario psichiatra dell'ospedale Dr. Bruno Valente, anch'esso trainer di Integrazione Posturale.
Jack riprende qui l'immagine di Medusa da Peter Levine, che la utilizza per illustrare la sua concezione del trattamento del trauma. (1)
Ho domandato - e' Valerie Joubert che parla qui - a Jack delle precisazioni su alcuni passaggi: esse si trovano alla fine dell'abstract.

L’image grotesque qu’une personne psychotique a d’elle-même est à la racine du comportement psychotique – conscience fragmentée, dissociation, confusion, retrait, hostilité. Les personnes psychotiques répriment la vision insupportable qu’elles ont d’elles-mêmes. Et si elles sont trop tôt forcées à se confronter à cette image d’elles-mêmes, elles régressent vite dans leur comportement défensif. Dans notre démarche, cependant, nous pouvons approcher cette vision d’elles-mêmes indirectement, en travaillant avec le corps, en ne présentant que graduellement cette image perturbée à leur conscience. Ainsi Persée, ne pouvant regarder Méduse en face sans être changé en pierre, utilise le reflet de son bouclier pour se guider lorsqu’il la décapite.
Les techniques de travail sur le corps peuvent être utilisées au cours d’un processus en cinq étapes : 1) réveiller l’énergie du corps, 2) soutenir l’agressivité de la personne, 3) sentir à nouveau les origines, dans l’enfance et dans les tissus corporels, de l’image de soi, 4) la responsabilité de soi dans le corps, 5) l’intégration corporelle et le soutien.
 
1. Réveiller l’énergie réprimée du corps. Pour laisser les sentiments durement réprimés remonter à la surface du corps, il faut commencer par établir une relation de confiance. Que ce soit par du massage doux, par des bercements ou des bains chauds, il faut que le corps sente qu’il peut faire confiance aux thérapeutes et à son environnement. Sur la base de cette confiance on peut ensuite travailler plus profondément, par exemple en stimulant des anneaux de la cuirasse, ou en utilisant la technique des enveloppements glacés (technique des packs ?) pour réveiller les réactions du noyau du corps. Cette étape relève davantage de la catharsis et de l’expression que de la réflexion consciente. Le corps s’exprime. On ne met pas encore l’accent sur l’image de soi.
 
2. Soutenir l’agressivité. Au fur et à mesure que les sentiments et les vieux schémas se réveillent dans le corps, les vieilles blessures deviennent plus douloureuses. Le corps devient plus agressif et la personne psychotique a besoin d’accuser – la société, les parents, et même son propre corps. Ici nous continuons à encourager les éléments réprimés (refoulés) à remonter à la surface, mais nous allons plus loin et soutenons intentionnellement la colère du patient, en lui demandant de mettre en scène ce qu’il sent dans son corps (dans un environnement où il peut le faire en toute sécurité).
 
3. Revivre les origines du moi dans les tissus corporels et l’enfance. Le processus d’accusation ramène à des expériences anciennes de comportement abusif. La colère et la douleur s’ancrent alors davantage dans des parties précises du corps et dans certaines périodes de l’enfance. La relation entre le corps de l’enfant et le corps de l’adulte peut maintenant être ressentie.
 
4. Sentir sa responsabilité dans son corps. A ce moment du contact entre le corps passé et le corps présent à l’intérieur du patient, la tête de Méduse est coupée et le patient peut regarder en face sa propre responsabilité dans le refoulement adulte de sa propre image qu’il continue à opérer. Il peut sentir les mécanismes de refoulement dans son corps.
 
5. Intégrer les conflits présents dans son corps. Le patient est maintenant prêt à travailler directement sur les conflits qui se manifestent dans son corps en s’y confrontant avec toute sa conscience et est également prêt à accepter un soutien dans ce processus. La tête de Méduse a été coupée, mais son image a été gravée sur le bouclier de Persée comme sain et constant rappel.

Voici les précisions fournies par Jack :

3ème étape : Revivre les origines du moi dans les tissus corporels et l’enfance.
a) Comment fais-tu la différence entre le corps de l’enfant et le corps de l’adulte chez une personne adulte ? Très concrètement ? Peux-tu donner des exemples ?
 
Ceci se produit de deux façons :
1)      Lorsqu’on travaille avec les tissus corporels (en même temps qu’avec le souffle et le mouvement), des souvenirs (sous la forme de sensations et de sentiments) surgissent spontanément. Le sentiment d’être rejeté, isolé ou violenté peut d’abord ne pas être concret, mais un dialogue en gestalt peut faire venir un parent ou une personne de la famille plus concrètement dans le dialogue. Ce dialogue peut correspondre à ce qui a effectivement eu lieu dans le passé, mais ce n’est pas forcément le cas. Ce qui nous intéresse, c’est que ce qui apparaît, c’est le parent ou la figure d’adulte que la personne porte en elle. Nous pouvons dire que c’est une figure spécifique, qui fait partie de l’adulte que l’enfant a introjecté. Ces introjections qui se sont créées avec l’enfant forment une sorte de corps adulte à moitié conscient, qui est présent en même temps que le corps adulte plus pratique.
Un exemple : une femme reçoit de l’intégration posturale dans la région abdominale ; elle a alors une sensation qui la fait se plier en deux, sensation qu’elle ressent comme du dégoût. Au cours d’un travail de Gestalt ce dégoût devient progressivement « tu me dégoûtes ». En travaillant plus loin, elle sent de plus quelque chose dans les seins ; ce quelque chose devient une figure de mère trop attentive, trop protectrice (on peut mettre du temps à atteindre ce type d’aspect caché). Cette mère est une partie introjectée du corps adulte, que la femme qui travaille peut explorer par des mouvements amplifiés et des sons. Ici, l’enfant est donc présent dans le dégoût et la douleur, et le corps adulte introjecté est présent dans le sentiment « d’attention » qui vient des seins. Bien sûr, le corps adulte d’une personne est davantage que celui qu’on a introjecté de la mère, et il peut avoir d’autres tendances physiques comme le désir de courir et d’être libre. Ces deux désirs se mélangent dans ce que nous appelons le corps adulte, qui ne correspond en général pas à une seule zone du corps.
Plus le dialogue et le travail du corps se poursuivent, plus les parties « enfant » et « adulte » deviennent précises.

b) Et comment fais-tu la connexion entre le corps de l’enfant et celui de l’adulte ? Peux-tu également donner des exemples ?

Au début nous n’essayons pas de faire trop de connexions, au moins pas avant que le client ne soit prêt pour travailler le conflit entre ses différentes parties. Etre simplement conscient du fait qu’elles existent dans son corps est déjà un grand pas. Bien sûr, pour une personne normale, nous pouvons dire qu’il y a un enfant en nous, adultes, mais pour cette personne traumatisée, il peut être suffisant déjà, à ce stade, de reconnaître simplement qu’il y a un adulte présent à l’enfant.

4ème étape : Sentir sa responsabilité dans son corps
 
c) Que veux-tu dire par «le patient peut regarder en face sa propre responsabilité, les mécanismes de refoulement dans son corps ? Te réfères-tu au « corps passé et présent » ?
 
Quand l’enfant et l’adulte actuels entrent dans un dialogue, la responsabilité devient plus claire. D’abord, la connexion se fait dans le conflit entre les parties « enfant » et « adulte » du corps. L’adulte reconnaît qu’il y a un enfant en lui et que son attitude envers l’enfant a des conséquences, de la même manière que l’enfant commence à se rendre compte que son comportement provoque un certain comportement chez sa mère, par exemple. C’est dans le conflit de deux mouvements de gestalt opposés que la conscience de la responsabilité surgit. D’abord, c’est juste une reconnaissance. Par la suite, il peut y avoir de nouveaux mouvements. Le « refoulement » (repression) est juste un mot pour dire qu’une partie du corps domine l’autre dans le dialogue. L’enfant qui est sous l’emprise de la douleur domine les seins de la mère en les gardant cachés à sa conscience.
 
d) Peux-tu donner des exemples de la façon dont nous refoulons l’ image de nous-mêmes ?
 
Là encore, le refoulement est juste la partie dominante d’un dialogue de gestalt. Je ne veux pas voir, par exemple, que l’impression que j’ai d’être juste et équitable couvre la partie dure en moi qui attaque. Mais si je deviens davantage, plus complètement, cette partie dure, rageuse, mon côté juste prend peur et se sauve.
 
e) Les mécanismes de refoulement : peux-tu donner des exemples de la façon dont nous vivons ces mécanismes dans notre corps ? Et des exemples de la manière dont toi, comme psychothérapeute, tu peux les voir / les sentir ?
 

Je ne suis pas psychothérapeute, donc je joue avec des rôles et je laisse les choses émerger sur le théâtre de la gestalt. Je n’ai pas besoin de le voir, je guide simplement ce qui se joue. Quand on laisse la partie « refoulée » (« réprimée ») venir au premier plan, cela change tout. Il y a toujours un dialogue mais le refoulement est désormais seulement ce que nous ne nous sommes pas encore complètement approprié.
 
 
Valérie Joubert, Strasbourg, 4 avril 2007


1. Voir à ce sujet Réveiller le tigre, 2004, de Peter Levine, aux éditions Socrate Editions Promarex, Marchienne-au-Pont, Belgique.




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